Irak

 
Sans permis de travail, les chrétiens irakiens réfugiés dans la capitale jordanienne tombent vite dans la précarité et survivent avec l’aide d’associations catholiques, en attendant un hypothétique visa. Douloureux Noël pour les chrétiens d’Irak en Jordanie.

Dans les quartiers riches de l’ouest de la capitale jordanienne, non loin du Mecca Mall, vaste et luxueux centre commercial ouvert vingt quatre heures sur vingt-quatre où se presse la jeunesse masculine des émirats du Golfe, en robe sombre et turban rouge et blanc. En cette nuit de Noël, près de la moitié des boutiques sont fermées, signes que leurs propriétaires sont chrétiens ; parmi eux, nombreux sont irakiens.

A quelques kilomètres de là, sur les collines populaires d’Achrafieh et d’Hachimi, à l’est d’Amman, s’entassent des réfugiés irakiens dans des taudis insalubres. Si 10 % des chrétiens d’origine irakienne sont riches, les 90 % restant sont pauvres, voire très pauvres.

«Quand je me rends dans ces quartiers, beaucoup de parents me supplient parce que leurs enfants ont faim », raconte, les larmes aux yeux, Mgr Sélim Sayegh, évêque catholique latin d’Amman. « À leur place, que feriez-vous?», interroge-t-il, rappelant que, selon l’ONU, 60 % des habitants de Jordanie vivent au-dessous du seuil de pauvreté.

« En général, les chrétiens jordaniens sont généreux pour aider leurs frères irakiens », explique Mgr Yaser Ayash, évêque melkite (grec-catholique) d’Amman depuis un an. Implanté à Amman depuis août dernier et financé par la Compagnie de Jésus, le JRS, le service jésuite des réfugiés, a lancé des activités (sports, peinture) pour enfants et des cours (anglais, informatique) pour adultes, tout en visitant quelque 260 familles chrétiennes nécessiteuses.

Car dès lors qu’ils ont le statut de réfugiés – statut protégé par l’ONU –, les Irakiens ne peuvent, en effet, avoir ni résidence légale, ni permis de travail en Jordanie. Du coup, ceux des classes moyennes, qui vivent « à peu près convenablement les dix premiers mois, tombent ensuite dans la misère », poursuit Mgr Sayegh. S’ils travaillent clandestinement, ils sont sous-payés par rapport aux Jordaniens et, plus grave, courent le risque d’être expulsés. Plusieurs récits font ainsi état de réfugiés arrêtés par la police jordanienne et reconduits immédiatement à la frontière irakienne

" Le plus douloureux, c’est l’humiliation de devoir mendier de l’aide à des institutions, alors que nous vivions très bien aupa ravant", constate Muhannad, qui a fui l’Irak dès 2003 et qui est membre de la communauté Focolari d’Amman. S’il a trouvé
«une famille» auprès des Focolari, il ne cache pas qu’il est douloureux de fêter Noël loin des siens, restés à Bagdad ou dispersés en Europe.

Et malgré cela, bon nombre de ces chrétiens irakiens, convaincus d’avoir été « protégés par le Seigneur », affirment que leur foi a été « purifiée, fortifiée par les épreuves » . Et le P. Alfred Hicks, supérieur de la petite communauté jésuite d’Amman, ajoute : " Nous essayons aussi de leur faire comprendre que là où ils iront, dans des pays pas forcément chrétiens, ils auront à témoigner de leur foi et seront missionnaires."

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