Château-Gombert

Château-Gombert. Malgré le combat associatif et une concertation, les aménagements du joyau émeraude du 13e laissent à désirer. La colère monte.
Décidée en 2003 par la Ville et en concertation avec la population locale, la réhabilitation des anciens « greniers marseillais » au cœur du technopôle de Château-Gombert confiée à Marseille Aménagement devait déboucher en 2007 sur un parc à vocation patrimoniale et culturelle. En 2009, les aménagements laissent riverains et visiteurs sur leur faim.
Les associations Poumon Vert, Assenemce et le CIQ Croix-Rouge font le tour du propriétaire : pas de gardien, des jardins d’enfants tout « esquichés » dans un coin, des jeux d’eau déjà cassés, le théâtre Athéna-Niké défriché est entièrement grillagé et les ronces reprennent du terrain, une plaine d’herbes folles, trois tables de pique-nique, des bâtiments (corps de ferme, petite bastide avec pigeonnier) murés et qu’on laisse se dégrader, mais qu’on a agrémenté de murs en béton dont on se demande quelle est la fonction, un vague parcours de santé en contrebas. Même le bassin de rocailles au pied du pigeonnier encore visible en 2003 a été enseveli. « Et on devrait être satisfaits ? », s’indigne Marie Queguiner, secrétaire de Poumon Vert.
Pourtant, fin janvier 2003, une grande concertation est lancée sur l’insistance des associations Assenemce et Collectif Athéna ainsi que du Cica de la mairie des 13/14. Elus, associations et habitants redéfinissent le projet Parc Athéna pour qu’il colle mieux aux attentes et besoins d’un quartier de plus en plus densifié. Equipements ludiques, pédagogiques, de loisirs, d’expérimentation, des espaces de détente, de contemplation, de promenade, une mise en valeur des zones naturelles remarquables, des jardins thématiques, un boulodrome, un parc à rollers… et un volet culturel doivent intégrer le parc.
Il est question de remettre en service le théâtre Athéna Niké (lire ci-contre). Jean Mangion, mandaté par l’adjoint à la culture Serge Botey, assurait alors : « Aucune inquiétude quant à la date de sortie du projet, il est daté pour 2007 et il inclut la réfection du théâtre. » Une recherche était même lancée « après des bétonneurs pour la restauration du monument » ainsi qu’était prévue « une étude pour l’isolement sonore avec une coque acoustique ».
Un an plus tard, la Ville livre une autorisation de programme dans laquelle disparaît le volet culturel. Une volte face atténuée par une promesse de Laure-Agnès Caradec, adjointe déléguée aux espaces verts : « Le projet n’est pas abandonné mais relégué à une deuxième étape pour des raisons techniques et financières, mais Serge Botey m’a assuré que le théâtre sera réhabilité dès 2007. ». Aujourd’hui, on promet 2011. Une belle remise en cause des décisions prises en concertation et de l’opération planifiée dans le schéma culturel de la Ville.
En revanche, alentour, les constructions ont continué de gagner du terrain. « C’est le secteur de Marseille qui s’est le plus urbanisé et densifié depuis 10 ans », souligne le président du CIQ. Et là encore, priorité aux promoteurs plutôt qu’aux équipements publics. Une plaine sportive devait voir jour en bas du collège Malraux. « On l’attend toujours, explique Franck Araugo président du collectif, car au final, ce sont près de 100 logements qui vont y être construits. » Une proposition révisée à la baisse suite à la levée de boucliers des associations. Seuls 50 logements seront réalisés sur cet espace.
MYRIAM GUILLAUME (www.lamarseillaise.fr)
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