Irak : Benoît XVI demande le respect des droits des chrétiens

Irak : Benoît XVI demande le respect des droits des chrétiens

Une lettre du cardinal Bertone au Premier ministre

ROME, Mercredi 24 février 2010 (ZENIT.org) – Benoît XVI « demande le respect des droits des chrétiens en Irak », titre L’Osservatore Romano du 25 février 2010.

Benoît XVI, qui est entré en retraite, comme chaque année au début du carême, dimanche dernier, a exprimé sa « douleur profonde » à la nouvelle de la mort de chrétiens tués en Irak, dans la région de Mossoul, dont, hier, l’assassinat de trois membres d’une famille syro-catholique (cf. ci-dessous, International, et Zenit des 22 et 23 février 2010).

Benoît XVI, qui achèvera sa retraite samedi matin, a dit sa « proximité » par la « prière » et son « affection » à ceux qui souffrent des conséquences de la violence, rapporte Radio Vatican.

Le cardinal secrétaire d’Etat Tarcisio Bertone, a pour sa part attiré l’attention du Premier ministre Nouri Kamil Mohammed al-Maliki, sur les violences dont souffrent les chrétiens d’Irak, dans une lettre du 2 janvier dernier, publiée aujourd’hui par L’Osservatore Romano en italien (édition du 25 février 2010), sous le titre : « Le pape demande le respect des droits des chrétiens en Irak ».

Hier déjà (édition du 24 février 2010), L’Osservatore Romano avait publié les protestations des évêques d’Irak.

Le cardinal Bertone rappelle l’importante de la visite du Premier ministre au Vatican en 2008 et sa rencontre avec Benoît XVI.

On avait alors exprimé « l’espérance commune que par le dialogue et la coopération entre groupes ethniques et religieux » du pays, « y compris les minorités », la République d’Irak « aurait été en mesure d’effectuer la reconstruction morale et civile, dans le plein respect de l’identité propre de ces groupes, dans un esprit de réconciliation et à la recherche du bien commun ».

Benoît XVI avait alors exhorté « au respect en Irak du droit à la liberté de culte », en demandant la « protection des chrétiens et de leurs églises ».

Le Premier ministre avait alors assuré le cardinal Bertone que le gouvernement envisagerait « très sérieusement la situation de la minorité chrétienne qui vit depuis tant de siècles aux côtés de la majorité musulmane, en contribuant de façon très importante au bien-être économique, culturel et social de la Nation ».

Benoît XVI avait par la suite invité le cardinal Bertone à écrire au Premier ministre irakien pour lui transmettre sa sincère solidarité pour ceux qui ont été tués ou blessés au cours d’attaques visant des bâtiments gouvernementaux ou des lieux de culte en Irak, chrétiens ou musulmans.

Le pape, concluait la lettre, « prie avec ferveur pour la fin de la violence et demande au gouvernement de faire tout son possible pour augmenter la sécurité autour des lieux de culte dans tout le pays ».

Anita S. Bourdin

 
 

Multiplication des enlèvements et des assassinats de chrétiens

ROME, Mardi 23 février 2010 (ZENIT.org) – Les évêques de Mossoul interpellent le gouvernement irakien – local et national – sur l’insécurité dans laquelle vivent les chrétiens, après un cinquième assassinat (cf. Zenit du 22 février 2010). Fides publie des extraits de ce message.

« Les autorités doivent assumer la pleine responsabilité pour sauvegarder la présence chrétienne à Mossoul. Nous avons besoin d’une intervention internationale pour pousser le gouvernement central et local à agir immédiatement » : c’est ce qu’a déclaré à l’agence vaticane Fides, Mgr Georges Camoussa, archevêque syro-catholique de Mossoul, tandis que dans la ville on n’arrive plus à arrêter les enlèvements et les homicides de chrétiens.

Il y a deux jours, encore une victime, la violence a fait une cinquième en une semaine : Adnan al Dahan, un chrétien orthodoxe de 57 ans, enlevé il y a une semaine, a été retrouvé assassiné.

Les évêques chrétiens de Mossoul ont remis au gouvernement local un appel « avec des paroles très claires », signé par Mgr Gregorios Saliba, archevêque syro-orthodoxe, par Mgr Georges Casmoussa et par Mgr Emile Nona, archevêque chaldéo-catholique.

Ils dénoncent la violence dont sont victimes « les chrétiens dans la ville de Mossoul », avec l’assassinat de personnes pacifiques. Ils dénoncent « un plan prémédité pour faire pression sur les Églises chrétiennes, pour accomplir une certaine action ».

Tous les efforts des responsables religieux de la ville, chrétiens et musulmans, n’ont pas réussi à faire cesser les violences contre les fidèles du Christ, déplorent les évêques : « Ces actes répétés nous font croire que nous ne sommes pas désirés dans la ville, qui est pourtant notre patrie ».

Les évêques rappellent que « les chrétiens ont participé directement et avec grande efficacité à l’édification de Mossoul », dans la ville et dans la région tout entière, en offrant une contribution féconde dans l’art, dans la culture, dans la pensée, dans la créativité, ainsi qu’au plan économique et social. Ils sont reconnus de tous comme « des éléments pacifiques et constructifs dans la société ».

Ils demandent : « C’est donc de cette manière que nous sommes récompensés ? Par une mise au ban de la ville, par une marginalisation dans la vie publique, par l’expulsion de nos terres ? ».

Le texte poursuit : « Le sang de nos enfants, qui sont fils de l’Iraq, le sang de nos évêques et de nos prêtres continuera à être versé impunément, sans aucune recherche des assassins ? L’État restera-t-il indifférent ? ».

« Pour cette raison – écrivent les évêques – nous demandons au gouvernement de Mossoul et au gouvernement central à Baghdâd d’assumer leur pleine responsabilités, d’œuvrer pour la sécurité des citoyens, spécialement pour les fidèles des minorités chrétiennes, qui sont les plus vulnérables et les plus pacifiques parmi les pacifiques ».

Le message conclut : « Nous exigeons que les hommes du gouvernement donnent la priorité au respect de la loi et de l’État, en protégeant la sécurité et la confiance des citoyens ».

Nous demandons que les gouvernements ne gaspillent pas leur force dans des luttes partisanes pour le pouvoir et pour l’hégémonie », mais que « les actions criminelles soient poursuivies et que ceux qui ordonnent et que ceux qui exécutent les violences soient conduits devant la justice ».

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