Des prières pour le Synode proche-oriental

 

Le Frère Jean-Marie Mérigoux, op., nous présente les rencontres à Marseille entre les différentes églises de rite oriental, qui ont eu lieu à l’occasion du synode pour le Moyen-Orient à Rome, du 10 au 24 octobre 2010 .

"Si un critère de santé pour l’Eglise est de respirer de ses « deux poumons », l’oriental et l’occidental, on peut constater que notre Eglise diocésaine se porte plutôt bien.
Après Paris, Marseille est la ville où les rites catholiques sont le mieux représentés. Cinq rites y sont présents : grec-catholique, maronite, arménien-catholique, chaldéen et latin-catholique.

A quelques jours de l’ouverture du Synode pour le Proche-Orient, les Marseillais ont pu faire un pèlerinage catholique oriental en se rendant successivement dans diverses églises de la ville. Les catholiques du diocèse avaient été invités à prier pour le succès du Synode qui allait s’ouvrir à Rome.

Entre le 30 septembre et le 8 octobre ont eu lieu à Marseille cinq veillées de prière, célébrées successivement dans une église d’un rite catholique différent : grec-melchite, arménien, maronite, chaldéen et latin.

Des catholiques, orientaux et latins, se sont donc rendus dans ces diverses communautés. Dans chacune d’entre elles, le prêtre responsable a accueilli ces « pèlerins » en leur présentant l’histoire de son Eglise, de sa liturgie et de sa vie au Proche-Orient. Tous ont évoqué la situation de leurs fidèles en diaspora, forcés de quitter leur pays, ce qui constitue un grand appauvrissement pour le Proche-Orient, tant chrétien que musulman.

Rencontre avec l’Eglise Melkite

La première prière, le jeudi 30 septembre, eut lieu à l’église grecque-melkite Saint-Nicolas de Myre, rue Edmond Rostand. Cette église est la première église grecque catholique du monde. En 1821, date de sa construction, l’Empire ottoman interdisait encore à cette communauté catholique toute construction d’églises sur son territoire. Devant la belle iconostase, le Père Antoine Forget nous a fait revivre l’histoire de l’Eglise Byzantine et de ses relations parfois difficiles avec Rome.

Après avoir priés, tous ensemble, pour le Synode du Moyen-Orient, nous avons partagé avec bonheur les délicieuses gourmandises orientales.

Rencontre avec l’Eglise Arménienne catholique

Le lendemain, vendredi 1er octobre, on prit la direction de l’Arménie .
Nous fûmes accueillis par le responsable des catholiques arméniens de la région, le père Yeghia Tertsakian, dans l’église Saint-Grégoire l’Illuminateur, rue Sibié.
A l’aide de tableaux très pédagogiques, le Père nous a raconté la longue et douloureuse histoire des Arméniens. Là, nous avons aussi entendu la voix de « l’Arménie éternelle », grâce à une chanteuse professionnelle venue d’ Erevan. Entendre chanter en arménien dans notre ville qui, au début du XXe siècle, a accueilli tant d’Arméniens rescapés des massacres ottomans, avait quelque chose de bouleversant.

Rencontre avec l’Eglise Maronite

Samedi 2 octobre, nous prîmes le chemin de Notre-Dame du Liban, près du Parc Borély, où le Père Amine Chahine, pasteur des fidèles maronites de tout le Sud de la France, nous a conduits, par la pensée et grâce à un beau montage de photos, au cœur de la montagne libanaise, dans la vallée de la Qadicha qui fut le lieu de refuge et de naissance de la communauté maronite à laquelle le Liban doit tant. Ce pays, à peine sorti d’une terrible guerre, souffre encore. Sous le portrait de saint Charbel, nous avons récité la prière pour le Synode.

Rencontre avec l’Eglise Assyro-Chaldéenne

Le 4 octobre, la « Mésopotamie » nous attendrait à Notre-Dame de Chaldée, quartier Corot.


Guidée par le Père Paul Bachi, la chorale, à la fois irakienne et turque, nous a transportés au pays d’Abraham et des chrétiens assyro-chaldéens et syriaques originaires de Turquie et d’Irak. Nous avons entendu des chants en araméen, la langue de Jésus, langue qui, dans notre ville, est de plus en parlée du fait de l’arrivée de nombreux chrétiens d’Irak, pourchassés dans leur terre ancestrale.

 

 

 ( Il y a eu également un diaporama sur les églises chaldéennes en Irak, présenté par Père Jean-Marie Merigoux ,op.)

Chacune de ces réunions de prière se terminait autour d’un petit buffet où l’on pouvait apprécier quelques spécialités orientales.

 

Rencontre diocésaine

Le 8 octobre, à Saint Ferréol, autour de notre Archevêque, s’est manifestée une belle image de l’Eglise du diocèse, à la fois orientale et occidentale.

 
Ce furent, ce jour-là, les prêtres de la paroisse Saint-Ferréol, les Pères oratoriens, qui nous accueillirent. Une succession de prières, de lectures et de chants, tantôt chaldéens, arméniens, arabes ou français, nous préparèrent à écouter Mgr Pontier qui nous dit sa conviction que l’Eglise, avec ses nombreux visages, était bien, selon les paroles mêmes de Jésus, « le Sel et la Lumière » dont notre monde a besoin.

Notre Père


Cette réunion autour du Père de notre diocèse a constitué le point culminant de ces veillées de prière à l’intention d’un Synode qui, tout en étant consacré à l’Orient, est très important aussi pour les catholiques d’Occident. L’Eglise universelle en sa partie occidentale a bien besoin, pour être « en bonne santé », de sa moitié orientale qu’elle doit apprendre à mieux connaître et à savoir recevoir d’elle bien des trésors spirituels et apostoliques.

Frère Jean-Marie Mérigoux, op.

 

Les communautés orientales de notre diocèse nous invitent à accompagner ce Synode de notre prière et à les rencontrer.

Ce Synode a pour but de renforcer les chrétiens dans leur identité, de leur faire prendre conscience de leur mission et de leur rôle dans le monde arabe à majorité musulmane, et de les exhorter à ne pas émigrer. L’enjeu est aussi de raviver la communion ecclésiale entre les Eglises particulières et avec tous les chrétiens, en particulier sur le plan de la pastorale des jeunes, de la famille et des vocations.

L’un des objectifs majeurs du Synode est de sortir les Eglises d’Orient du silence et de l’ignorance dans lesquels les tient le reste du monde. Les cinq rencontres proposées dans notre diocèse vont dans ce sens. Elles permettront de découvrir l’histoire de chaque Eglise et les défis auxquels elles sont affrontées.

Ne pas manquer la prochaine conférence :

  • Jeudi 14 octobre à 20h30 à l’église Saint-Ferréol
    Conférence de l’Aide à l’Eglise en Détresse (AED) : "Les chrétiens d’Orient vont-ils disparaître ? Enjeux du Synode et témoignages"
    avec Marc Fromager, directeur de l’AED, le P. Samer Nassif, prêtre libanais maronite, et un invité spécial du Moyen-Orient.

 par Annie G. http://marseille.catholique.fr (voir tous les photos)

 
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