Mossoul, la ville la plus persécutée d’Irak

Mossoul, la ville la plus persécutée d’Irak

De passage à Paris pour participer à la conférence internationale sur le sort des Chrétiens d’Irak organisée par l’Institut Kurde de Paris au Sénat, Mgr Emil Shimoun Nona, évêque chaldéen de Mossoul, 2ème ville d’Irak au nord du pays, a répondu aux questions de l’Œuvre d’Orient:

Mgr Emil Shimoun NONA

1.Monseigneur, quelle est la situation à Mossoul ?

Mgr Nona : La situation en Irak s’est beaucoup dégradée depuis 2003, et encore plus depuis l’attentat de la cathédrale Notre Dame du Perpétuel Secours à Bagdad. Mossoul est la ville la plus persécutée d’Irak. L’autorité de l’Etat y est quasi inexistante. Des fractions baasistes et islamistes sèment la terreur auprès de l’ensemble de la population et attaquent particulièrement les chrétiens allant jusqu’à les assassiner pour exister sur la scène politique. Les rares temps calmes coïncident à la préparation d’attentats. Après le 31 octobre 2010, six jeunes gens ont encore été tués. Les chrétiens fuient la ville.

2.Que reste-il de votre communauté à Mossoul ?

Mgr Nona : A Mossoul la communauté chrétienne a pratiquement disparu : En 2003, il y avait 4 500 familles chaldéennes, actuellement il y en a moins de 450. Plus de 85% de cette communauté a fui. Le gouvernement irakien n’a pas les moyens d’assurer la sécurité de ses concitoyens et encore moins la sécurité des chrétiens dans leur vie quotidienne. Il les protège simplement le dimanche pour l’unique messe de la semaine. Ce jour-là, l’armée bloque les rues du quartier, un contrôle d’identité est effectué à l’entrée de l’église et les portes sont closes pendant la célébration.

3.On vient d’annoncer la nomination d’un évêque syrien catholique à Mossoul, Mgr Boutros Moshe. Le connaissez-vous ?

Mgr Nona : Oui je le connais très bien. Il a été le vicaire de Mgr Casmoussa pendant de longues années. Il avait beaucoup de responsabilités et gérait le quotidien du diocèse : C’est un homme très facile d’accès et très compétent.

4.Avez-vous des projets en commun ?

Mgr Nona : Nous avons déjà travaillé ensemble auparavant au Tribunal de l’Eglise. Les 2 communautés chaldéenne et syriaque de Mossoul s’entendent bien et partagent même le centre de catéchisme pour l’éducation religieuse. Je n’exclus aucune piste pour travailler ensemble pour le bien commun de notre communauté chrétienne.

5.Qu’attendez-vous de nous ? Comment l’Œuvre d’Orient peut-elle vous aider ?

Mgr Nona : l’Œuvre d’Orient ne peut pas nous aider à Mossoul même mais dans les villages alentours : Beaucoup de chrétiens originaires de Mossoul, qui avaient fui lors des persécutions kurdes, sont revenus s’installer dans la région. Ils sont très démunis. Nous devons les aider à se réinstaller et à rester en finançant des projets. C’est essentiel pour la stabilité de la région. A Mossoul, l’insécurité est telle qu’elle empêche de faire des projets à long terme. Les familles restées à Mossoul sont tellement pauvres que nous pouvons seulement les aider financièrement, à survivre au jour le jour.

Interview en langue arabe par Julien Antoine Desforges

L’Oeuvre d’Orient

Publicités
Cet article, publié dans ACTU Assyro-chaldéenne, est tagué , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s