Mgr Sako aux chrétiens irakiens : « Etes vous prêts à aller jusqu’au bout ? »

Mgr Sako aux chrétiens irakiens : « Etes vous prêts à aller jusqu’au bout ? »

Carnet de route irakien n°1/7. Les chrétiens d’Orient font mémoire des martyrs assyriens et chaldéens. Dans la ville de Kirkouk (Irak), à 230 km au Nord de Bagdad, où les chrétiens sont régulièrement victimes de violences, cette cérémonie prend tout son sens.

Pour la messe de 18 heures, la petite chapelle de l’évêché de Kirkouk est pleine à craquer. Dehors, le jour est en train de tomber et la ville est baignée dans cette lumière blanche rendue presque trouble par la poussière de sable.

À l’intérieur, il n’y a pas de place pour tout le monde. Les enfants qui passent leurs après-midi d’été à la « summer school » de la paroisse se tiennent debout dans le choeur. Beaucoup de jeunes sont présents.

Il faut dire qu’à Kirkouk, le terme de « martyr » prend tout son sens. Les martyrs ne sont pas les premiers chrétiens jetés aux lions. Ce sont des proches.

Devant la cathédrale du Sacré-Coeur, à quelques mètres de là, un monument a été érigé à la mémoire des chrétiens morts dans la ville depuis 2001. Ils sont 37. Ce qui signifie que chaque famille ici a un parent, un frère, un ami dont le nom est gravé sur ce mémorial.

Pendant le sermon, Mgr Louis Sako, archevêque chaldéen de Kirkouk, évoque la situation de la Syrie voisine.

Deux chrétiens sont morts à Alep, le monastère de Mar Moussa a été saccagé. Il demande à tous de prier pour la paix. « Pourquoi les chrétiens sont des cibles, se demande-t-il tout haut. Pourquoi ? Puis il reprend, citant Tertullien : « le sang des martyrs est la semence des chrétiens, c’est aussi une grâce ». Il regarde les jeunes garçons debout contre le mur du choeur. « Et vous, êtes-vous forts dans votre foi ? », questionne-t-il en serrant les poings. Ils hochent la tête. Puis il s’adresse à tous et repose la question : « Êtes vous forts dans votre foi ? Qui est prêt à aller jusqu’au bout pour sa foi ? » Et dans l’assemblée, les mains, très nombreuses, se sont levées.

Pour nous, occidentaux, un tel sermon est difficile à entendre. Si l’on nous posait la question lèverions-nous la main ? Un peu plus tard, nous interrogeons Mgr Sako sur le sens de son exhortation.

Il explique que ces chrétiens dont nous commémorons le martyr aujourd’hui sont des héros. « Ils se sont donnés pour leur foi. Pour nous, c’est un bonne exemple de persévérance : aller jusqu’au bout s’il faut aller jusqu’au bout ».

Mais l’évêque est un homme mesuré, plein de sagesse. Il s’empresse d’ajouter : « Nous ne prêchons pas le martyre ! Le martyre pour le martyre, c’est du suicide, c’est un grand pêché ! Le martyre est la conséquence d’un choix. Si l’on vous donne le choix, soit vous reniez votre religion, soit on vous tue, que faites-vous ? ».

Il rappelle que cette question du choix ne s’applique pas seulement dans les situations extrêmes, mais dans les petites choses de tous les jours.

Puis il s’arrête, réfléchit et reprend : « Nous prêchons la vie, pas la mort. Ainsi le christianisme est une religion de vie, non pas de mort, une religion de grâce, très positive, et non pas de souffrance ».

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