Trois mois après leur enlèvement, l’espoir de retrouver vivants les deux évêques syriens diminue

Trois mois après leur enlèvement, l’espoir de retrouver vivants les deux évêques syriens diminue

En l’absence de preuve de leur mort, on ne peut pas affirmer que les évêques ont été tués par leurs ravisseurs.

Mais on peut se demander pourquoi les autorités internationales, qui sont en contact avec les rebelles syriens, n’exigent pas de leur part des preuves de vie ou des signes que des négociations sont en cours.

                                                                                                                   

Ce lundi 22 juillet, cela fait trois mois que l’on est sans aucune nouvelle de Mgr Paul Yazigi, métropolite grec-orthodoxe d’Alep, et Mgr Jean Ibrahim, évêque syrien-orthodoxe de la même ville. « On n’a pas d’information », confirme Mgr Pascal Gollnisch, directeur général de l’Œuvre d’Orient qui souligne l’urgence et la gravité de cette question. « Car s’en prendre à des évêques, c’est montrer que les prêtres et les fidèles ne sont plus en sécurité en Syrie, et c’est donc menacer tous les chrétiens de ce pays », estime-t-il.

Cette absence d’information n’a pas empêché les rumeurs les plus contradictoires de circuler depuis l’annonce de l’enlèvement des deux évêques le 22 avril dans la région d’Alep. Au lendemain de leur disparition, la libération des deux hommes avait même été brièvement annoncée, avant d’être démentie. « S’ils avaient été assassinés, on l’aurait sans doute su », lançait Carol Saba, avocat franco-libanais et responsable de la communication de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France, au moment où les orthodoxes du monde entier s’apprêtaient à célébrer Pâques.

Pourtant le mois dernier, l’hebdomadaire catholique britannique The Tablet, citant une source régionale syrienne, avançait que tous deux seraient « probablement morts » et auraient été « tués le jour même de leur enlèvement ».

Flou total sur l’identité des ravisseurs

Une piste que l’on se refuse de suivre à l’Œuvre d’Orient. « Tant que l’on n’a pas de preuve de leur mort, on ne peut affirmer que les évêques ont été tués », poursuit Mgr Gollnisch qui préfère mettre l’accent sur la responsabilité des autorités internationales pour exiger une action, à savoir apporter des preuves de vie des deux évêques et dire si des négociations sont en cours.

« Y a-t-il une action de l’ONU ? Et le gouvernement turc, qui a laissé dire qu’il pourrait agir, où en est-il ? Et les autorités dites “rebelles”, agissent-elles ? » interroge le prêtre français. Et de s’impatienter face à ce silence qui dure depuis trois mois. « Que l’on ne jette pas sur la place publique des négociations en cours, c’est normal ! Mais les Occidentaux, qui sont forcément en contact avec les autorités rebelles, doivent absolument leur demander si elles ont des interlocuteurs avec qui négocier » la libération des deux évêques.

Quant à l’identité des kidnappeurs, le flou reste total. Toutefois, à l’Œuvre d’Orient, on considère comme peu probable l’hypothèse selon laquelle ce serait le régime syrien qui aurait fait enlever les deux évêques pour faire accuser les rebelles. « Les kidnappeurs sont sans doute des groupes proches des rebelles qui ont pu agir pour de l’argent, ou pour des querelles ethniques, voire même pour des querelles de voisinage… », lance Mgr Gollnisch. Mais ce qui est sûr pour lui, c’est que ceux qui ont les moyens d’exiger des preuves de vie auprès des ravisseurs doivent agir au plus vite.

 ( www.la-croix.com  CLAIRE LESEGRETAIN)

           

Publicités
Cet article, publié dans ACTU Assyro-chaldéenne, Chretienté Info, est tagué . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s