Le diocèse de Lyon va fêter le 8 décembre en Irak

Le diocèse de Lyon va fêter le 8 décembre en Irak

58464_merci-marie_440x260Une centaine de Lyonnais emmenés par le cardinal Philippe Barbarin s’envolent à Erbil, la capitale du Kurdistan irakien, pour passer la traditionnelle fête des Lumières avec les chrétiens d’Irak chassés de chez eux par l’organisation « Etat islamique ». Un projet audacieux qui s’inscrit dans le cadre du jumelage Lyon-Mossoul.

La rumeur enflaient ces derniers jours sur les réseaux sociaux. Les Lyonnais préparaient un « projet de ouf » dont le monde entier allait entendre parler.

De fait, le projet est à la hauteur de la curiosité qu’il a suscitée : un groupe de quatre-vingt-dix Lyonnais va se rend à Erbil pour fêter le 8 décembre avec les chrétiens d’Irak qui ont fui les djihadistes de l’Etat islamique et se sont réfugiés dans la capitale du Kurdistan irakien. Dans l’avion Lyon-Erbil affrété spécialement pour l’occasion, des prêtres, des religieux, des bénévoles du tissu associatif du diocèse et quelques chefs d’entreprises. Le chocolatier De Marlieu, amènera ainsi avec lui des centaines de papillotes !

Une grande procession à Marie

Sur place, les Lyonnais se rendront dans plusieurs camps de déplacés et dans un complexe immobilier réhabilité par la Fondation Mérieux et financé grâce à la générosité des Lyonnais.

Mais surtout, une grande procession à Marie qui devrait réunir des milliers de personnes aura lieu dans la ville d’Erbil. Un geste fort pour le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon. « Nous allons prier, non pas seulement pour nos frères d’Irak, comme nous sommes nombreux à le faire depuis ces derniers mois, mais prier avec eux, ensemble, dans une forme de pèlerinage où nous marcherons côte à côte, explique-t-il dans une lettre intitulée « Pourquoi nous repartons en Irak ». Nous leur proposerons aussi de prier comme nous le faisons à Lyon en ces jours si particuliers : nous remercions la Vierge Marie de nous avoir donné son Fils Jésus, et nous lui demanderons d’étendre sa protection maternelle sur nos frères d’Irak qui en ont tellement besoin. »

> A lire aussi : « Pourquoi nous repartons en Irak » , la lettre du cardinal Philippe Barbarin

Comme le veut la tradition lyonnaise, 5000 veilleuses seront distribuées dans les camps de déplacés et lors de la grande procession ainsi que des milliers de cartes postales « Merci Marie » avec un texte en araméen et en arabe et les dessins des enfants des écoles du diocèse. Une grande statue de la Vierge de Fourvière sera offerte par le diocèse, avec le ferme espoir que celle-ci trouve un jour sa place dans la cathédrale de Mossoul, ville qui sert aujourd’hui de siège au « califat » institué par l’organisation « Etat islamique ».

Un symbole fort

En Irak, où les chrétiens partagent la même dévotion à la Vierge Marie, cette visite de la délégation est perçue comme un symbole fort. « Visiter quelqu’un, cela signifie être à ses côtés, le soulager, lui remonter le moral. Nous les Orientaux nous avons besoin d’un geste, de sourires pour regagner confiance et espoir, souligne le patriarche des Chaldéens, Louis Raphaël Sako. Cette visite porte un message : nous ne sommes pas seuls nous ne sommes pas isolés, nous avons des sœurs et des frères qui pensent à nous et nous soutiennent concrètement. »

Le P. Muhannad Al Tawil, dominicain irakien, curé de la paroisse Saint Ephrem des Chaldéens à Lyon, qui habite en France depuis plusieurs années, fait partie du groupe qui va passer trois jours en Irak. Pour lui, cette visite est un signe fort de solidarité avec l’Église d’Irak : « Tous les Irakiens que j’ai régulièrement au téléphone me disent que cette visite leur redonne espoir, raconte-t-il. Maintenant que le front entre les djihadistes et les armées irakienne et kurde est à peu près stabilisé, une invasion d’Erbil semble peu probable. Ce qu’ils craignent par dessus tout est de tomber dans l’oubli. » La dernière fois qu’il est allé en Irak, en mars 2014, la situation était déjà préoccupante mais l’État islamique n’avait pas encore envahi l’Irak et jeté des centaines de milliers de personnes sur les routes. « je vais sûrement avoir un choc, confie-t-il. Je m’y suis préparé psychologiquement. »

Un dispositif de communication ambitieux

Une dizaine de journalistes vont suivre la délégation, et le diocèse a lui-même mis en place des outils de communication destinés à assurer une large communication et permettre à tous ceux qui le voudront de suivre l’événement.

Un compte twitter en français (avec le hashtag #Erbilight) une page Facebook et un site internet dédié en plusieurs langues, et même en latin, proposerons une couverture de l’événement en plusieurs langues. Une équipe de KTO sera sur place et retransmettra la procession en direct.

Un jumelage renforcé

La visite des Lyonnais en Irak et la procession commune va renforcer encore plus le jumelage entre les diocèses de Lyon et de Mossoul lancé officiellement le 2 octobre lors d’un dîner qui avait réuni 800 personnes. L’idée d’un tel lien est né de l’amitié entre le primat des Gaules et le patriarche Sako. « Nous avons fait connaissance en mars 2014 lors de ma participation à un colloque organisé par l’université catholique de Lyon sur l’avenir des chrétiens d’Orient, raconte ce dernier. Le cardinal Barbarin qui m’a accueilli dans son archevêché avec beaucoup de chaleur et de fraternité m’a ébloui. » Le lien entre les deux hommes s’est renforcé fin juillet, lorsqu’une délégation de la conférence des évêques de France était venu rendre visite aux réfugiés en Irak. « Le cardinal est le premier à être venu à notre secours lors de la chasse des familles chrétiennes par Daesh », rappelle Mgr Sako.

Les Lyonnais s’attendent à être transformés par le voyage. « En allant à la rencontre de ces personnes déplacées, parquées dans des camps, affrontant l’hiver, nous savons, en réalité, que ce sont eux qui nous alertent sur l’état de notre société et de notre foi, eux qui ont préféré le choix de la conscience à celui des biens matériels, eux qui ont fait passer la vérité avant leurs intérêts particuliers, souligne le cardinal Philippe Barbarin. Ce sera le sens profond des bougies qu’ils allumeront devant leurs abris, comme les Lyonnais le font sur les fenêtres de leurs immeubles. »

 

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