À l’ONU, le patriarche Sako lance un appel pour les chrétiens d’Orient

À l’ONU, le patriarche Sako lance un appel pour les chrétiens d’Orient

(Laurence Desjoyaux, le 28/03/2015, http://www.lavie.fr)

61650_sako-onu-conseil-secu_440x260Le vendredi 27 mars, la France a convoqué une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU qu’elle préside sur la question des chrétiens d’Orient. Intervenu à cette occasion, le patriarche Louis Sako a lancé un appel pour que la communauté internationale soutienne la libération de Mossoul et de la plaine de Ninive, en Irak, et qu’elle pousse les états du Moyen-Orient à des réformes profondes afin d’accorder une pleine citoyenneté aux non-musulmans qui vivent sur leur sol.

Devant le Conseil de sécurité des Nations Unies, le patriarche Louis Sako, dont le siège est à Bagdad, a d’abord état des lieux accablant de la situation des chrétiens au Moyen-Orient et plus particulièrement en Irak.

« Comme vous le savez, nous commémorons cette année le centenaire des massacres de chrétiens de l’Empire Ottoman. Aujourd’hui, cent ans après ce drame, nous vivons une situation tragique similaire, ce qui a poussé des milliers de chrétiens à émigrer, et c’est une grande perte pour tous, a-t-il expliqué. Pour parler franchement, le soi-disant printemps arabe s’est soldé pour nous de manière négative. »

Libérer la plaine de Ninive

Concernant l’Irak, il a appelé la communauté internationale à soutenir les armées irakiennes et kurdes pour leur permettre de reprendre rapidement la ville de Mossoul aux mains de l’Etat islamique depuis juin 2014, ainsi que les villages de la plaine de Ninive où habitaient chrétiens, yézidis et shabaks, eux aussi envahis.

« Je lance un appel solennel à leur fournir une protection internationale avec une zone sécurisée, tout en proclamant hautement le droit à la propriété en faveur des familles déplacées pour qu’elles puissent retourner dans leurs villages et leurs maisons, et reprendre une vie normale. Il faut aussi que le gouvernement central indemnise toutes ces familles pour les dommages et les préjudices subis. »

Des solutions politiques

Expliquant que la solution militaire ne pouvait pas, à elle seule, résoudre le problème de l’extrêmisme. « Il est de plus en plus évident que la paix et la stabilité ne peuvent être obtenues exclusivement par les interventions militaires. Celles-ci sont incapables de démanteler cette idéologie féroce qui détruit les vies et le patrimoine culturel », a-t-il expliqué.

« Cela exige de la communauté internationale, y compris de la Ligue Arabe et de la Conférence des États Islamiques, qu’elle prenne des décisions aboutissant à des solutions politiques, culturelles et éducatives. La communauté internationale est appelée à protéger efficacement la mosaïque des personnes et des différents groupes d’un même pays, en dépit de leurs origines religieuses et ethniques diverses, en assurant la promotion de leurs droits et en renforçant les relations entre eux. »

Le risque d’un nouveau Daesh

Le patriarche Sako a aussi alerté sur le risque de voir émerger d’autres groupes terroristes si les conditions sociales des pays du Moyen-Orient ne s’améliorent pas.

« Je voudrais attirer votre attention sur le risque de voir émerger de nouveaux courants aussi néfastes que Daesh (ISIS). Lorsque des millions d’enfants et de jeunes sont privés d’écoles et d’éducation, lorsque des millions de réfugiés sont rassemblés dans des camps, privés du strict minimum de soins et d’attention, alors la frustration, le chômage et la pauvreté peuvent facilement les conduire à la vengeance et à l’extrémisme.»

Sortir du cercle vicieux

Mgr Louis Raphaël Sako a proposé un processus en quatre points.

« 1. Réclamer, à partir des Nations Unies, la mise à jour exécutive des constitutions et des lois de manière à réaliser la justice, l’égalité et la dignité pour tous, en tant que citoyens, sans discrimination aucune. (…)

2. Recommander aux responsables religieux d’adopter un discours modéré, qui aide à approfondir le sens de la citoyenneté. (…)

3. Adopter une loi selon laquelle sont considérés comme criminels et tenus pour responsables les Etats et les individus qui soutiennent des groupes terroristes, que ce soit financièrement ou intellectuellement ou des armes . Leurs actes sont des crimes contre la paix sociale. (…)

4. Promouvoir le développement des organisations pour les droits humains et les libertés civiles. Ces organisations devraient avoir un rôle exécutif et non pas seulement consultatif, tant sur le plan régional qu’international. (…) »

à lire aussi: Discours du patriarche Louis Raphaël Sako lors de la réunion du Conseil de Sécurité de l’ONU sur les chrétiens d’Orient

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